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L'occultisme ne s'épanouit vraiment que lorsqu'il est soumis au Divin. La Mère
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Ô Feu

Ô Feu, tu es le Messager
entre la terre et le ciel
Rig-Véda, III.3.2

A travers le monde intermédiaire

Suis le fil brillant
qui est tissé loin à travers
le monde intermédiaire
Rig-Véda, X.53.5

 A PROPOS DE LA ZONE INTERMÉDIAIRE

Fils de la terre

Je suis un fils de la terre, le sol est ma mère
Atharva-Véda XII.1

Le Soleil même

Il découvrit cette vérité,
le Soleil même
qui demeure dans l'obscurité
Rig-Véda, III.39.5

Un grand dieu dedans

Nous l’avons vue, sa masse de rouge ardent- un grand dieu dedans a été délivré de l’obscurité
Rig-Véda V.1.2

Ô Fils du corps

Ô Fils du corps…Toi, plein de joie et de lumière, victorieux, que rien ne peut blesser
Atharva-Véda III 4.2,9.1

Il est entré dans le ciel

Il est entré dans le ciel
et dans la terre
comme s'ils étaient un.
Rig-Véda, III.7.4

Le secret est dans la matière



  Extrait de L'Agenda de Mère, octobre 1961


Ce n’est pas en vain que le feu, Agni, était au centre des Mystères védiques: Agni, la flamme intérieure, l’âme en nous (et qui ne sait que l’âme est du feu), l’aspiration innée qui tire l’homme vers les hauteurs; Agni, la volonté ardente de cela qui voit en nous, depuis toujours, et qui se souvient; Agni, «le prêtre du sacrifice», «l’ouvrier divin», «le médiateur entre la terre et le ciel» (Rig-Véda III.3.2), «il est là, au milieu de la demeure.» (1.70.2) «Les Pères qui ont la vision divine l’ont mis au-dedans comme un enfant à naître.»(IX.83.3) Il est «l’enfant caché dans la caverne secrète.» (V.2.I) «Il est comme la vie et comme le souffle de notre existence, il est comme notre enfant éternel.» (L.66.I) «Ô fils du corps (III.4.2), ô Feu, fils du ciel par le corps de la terre.» (III.25.I) «Immortel dans les mortels (IV.2.I), vieux et usé, il devient jeune encore et encore.» (II.4.5) «Quand il naît, il devient la voix de la divinité; quand il a été façonné dans la mère, comme la vie qui pousse dans la mère, il devient un galop de vent dans son mouvement.» (III.29.II) «Ô Feu, quand tu es bien porté par nous, tu deviens la suprême croissance, la suprême expansion de notre être; toute gloire et toute beauté sont dans ta couleur désirable, dans ta vision parfaite. Ô Étendue, tu es la plénitude qui nous porte au bout du chemin, tu es une multitude de richesses répandues de tous côtés.» (III.I.12) «Ô Feu... qui vois avec une vision divine, vivant océan de lumière (LP 103), ô Flamme aux cent trésors... ô Connaisseur de toutes choses nées.» (1.59)
Mais nous n’avons pas le seul privilège du feu divin; Agni n’est pas seulement dans l’homme: «Il est le fils des eaux, le fils des forêts, le fils des choses qui ne bougent pas et le fils des choses qui se meuvent. Même dans la pierre il est là.» (V.I.70)
Mais nous ne sommes pas encore au coeur du secret védique. La naissance d’Agni, l’âme (tant d’hommes ne sont pas nés) est seulement le début du voyage. Cette flamme intérieure, elle cherche, elle est le chercheur en nous, parce qu’elle est une étincelle du grand premier Feu et qu’elle ne sera satisfaite qu’elle n’ait retrouvé sa totalité solaire, «le soleil perdu» dont parle sans cesse le Véda. Mais quand nous nous serons élevés de plans en plans et que la Flamme sera née successivement dans le triple monde de notre existence inférieure, physique, vitale, mentale, elle ne sera pas satisfaite encore, elle veut monter, monter, et nous arrivons bientôt à une frontière mentale où il semble qu’il n’y ait plus rien à étreindre, plus rien à voir même, et qu’il faille tout abolir pour sauter dans l’extase d’une grande Lumière. On sent, alors, tout autour, presque douloureusement, cette carapace de matière qui nous emprisonne et qui empêche l’apothéose de la Flamme; on comprend, alors, le cri de celui qui disait: «Mon royaume n’est pas de ce monde», et les sages védantins en Inde, et peut-être même les sages de tous les mondes et de toutes les religions qui n’ont cessé de dire: il faut quitter ce corps pour embrasser l’Éternel. Notre flamme sera-t-elle donc toujours tronquée ici-bas, notre quête toujours déçue? Faudra-t-il toujours choisir l’un ou l’autre et renoncer à la terre pour le ciel?
Mais par-delà le triple monde inférieur, les Rishis avaient découvert «un certain quatrième», tourïyam svid; ils avaient trouvé «la vaste demeure», «le monde solaire», Swar: «Je me suis élevé de la terre au monde du milieu [la vie], je me suis élevé du monde du milieu jusqu’au ciel [le mental]; du firmament céleste je suis allé au monde solaire, à la Lumière» (Yajour-Véda 17.67) et il est dit: «Mortels, ils accomplirent l’immortalité.» (Rig-Véda 1.110.4) Quel est-il donc leur secret? Comment sont-ils passés du «ciel mental» au «grand ciel» sans quitter ce corps, sans s’extasier si l’on peut dire?
Le secret est dans la matière. Parce que c’est dans la matière qu’est enfermé Agni et que nous sommes enfermés. Il est dit qu’Agni est «sans tête et sans pieds», qu’il «cache ses deux extrémités»: en haut, il disparaît dans le «grand ciel» du supraconscient (que les Rishis appelaient encore «le grand océan»), et en bas, il s’enfonce dans «l’océan sans forme» de l’inconscient (qu’ils appelaient aussi «le roc». Nous sommes tronqués. Mais les Rishis étaient des hommes d’un solide réalisme (le vrai réalisme: celui qui s’appuie sur l’Esprit) et puisque les sommets du mental s’ouvraient sur une lacune de lumière, extatique certes, mais sans prise sur le monde, ils se mirent en route par le bas. Alors commence la quête du «soleil perdu», le long «pèlerinage» de la descente dans l’inconscient et la lutte sans merci contre les forces obscures, «voleurs du soleil», panis et vritras, pythons et géants, cachés dans «l’enclos obscur» avec toute la cohorte des usurpateurs: ceux qui dualisent, ceux qui obstruent, ceux qui déchirent, ceux qui couvrent. Mais «l’ouvrier divin», Agni, est aidé par les dieux et il est conduit dans sa quête par le «rayon intuitif», saramâ, le chien céleste au flair subtil, qui le met sur la piste des «troupeaux volés» (étranges troupeaux, qui «brillent»). Et parfois une aurore fugitive éclate, puis tout s’efface; il faut avancer pied à pied, «creuser, creuser», lutter contre «les loups» qui se déchaînent plus on approche du repaire – Agni est un guerrier. Agni grandit par ses difficultés, sa flamme devient de plus en plus étincelante sous les coups de l’Adversaire, mais les Rishis ne disaient-ils pas: «La Nuit et le Jour allaitent tous deux l’Enfant divin»; ils disaient même que la Nuit et le Jour sont «deux sœurs immortelles ayant un même amant [le soleil]... communes, en vérité, bien que différentes par leur forme.» (1.113.2,3) Les alternances de nuit et de clarté se précipitent, arrive le Jour enfin, et «les troupeaux de l’Aurore» surgissent «éveillant quelqu’un qui était mort.» (1.113.8) «Le roc infini» de l’inconscient est brisé, le chercheur dé-couvre «le soleil qui demeure dans l’obscurité» (III.39.5), la conscience divine au cœur de la Matière... Tout au fond de la Matière, c’est-à-dire dans le corps, sur la terre, les Rishis s’étaient trouvés précipités dans la Lumière – cette même Lumière que d’autres cherchaient en haut, sans leur corps et sans la terre, dans l’extase – , c’est ce qu’ils appelèrent «le Grand Passage». Sans quitter la terre, ils avaient trouvé «la vaste demeure» qui est «la propre demeure des dieux», Swar, le monde solaire originel que Sri Aurobindo appelle le monde supramental: «Êtres humains [les Rishis soulignent bien qu’ils sont des hommes], ayant mis à mort celui-qui-couvre, ils traversèrent la terre et le ciel [la matière et le mental] et firent du vaste-monde leur demeure.» (1.36.8) Ils étaient entrés dans «le Vaste, le Vrai, l’Exact», Brihat, Satyam, Ritam, «la lumière qui n’est pas brisée», «la lumière qui est sans peur», car là il n’est plus de souffrance ni de fausseté ni de mort: c’est l’immortalité, amritam.
Tout est réconcilié. Le Rishi est «le fils des deux mères», il est le fils d’Aditi, la vache lumineuse, la Mère de l’infinie lumière, la créatrice des mondes, mais il est aussi le fils de Diti, la vache noire, la Mère de «l’infini ténébreux» et de l’existence divisée, car Diti, finalement, au bout de son apparente Nuit, nous donne le lait du ciel et la naissance divine. Tout est accompli. Le Rishi «tient d’un même mouvement les forces humaines et les choses divines» (IX.70.3), il a réalisé l’universel dans l’individuel, il est devenu l’Infini dans le fini: «Alors ton humanité deviendra comme l’œuvre des dieux, comme si le ciel de lumière était visiblement fondé en toi» (V.66.6) et, loin d’écarter la terre, il prie: «Ô divinité, garde pour nous l’Infini et prodigue-nous le fini.» (IV.2.11)
Le voyage s’achève. Agni a retrouvé sa totalité solaire, ses deux extrémités cachées. «L’œuvre inviolable» est accomplie. Car Agni est le lieu où le haut et le bas se rencontrent – et, en vérité, il n’est plus de haut, ni de bas; il n’est plus qu’un seul Soleil partout: «Ô Flamme, Tu vas à l’océan du ciel vers les dieux; Tu fais se rencontrer les divinités des plans, les eaux qui sont dans le royaume de lumière au-dessus du soleil, et les eaux qui demeurent en bas.» (III.22.3) «Ô Feu, ô divinité universelle, Tu es le nœud ombilical de toutes les terres et de leurs habitants, Tu diriges tous les hommes nés et Tu les portes comme un pilier» (1.59), «Ô Flamme, Tu fondes le mortel dans une suprême immortalité... Tu crées la félicité divine et la joie humaine.» (1.31.7) Car la Joie est le cœur du monde, elle est au fond des choses, elle est «le puits de miel couvert par le roc.» (II.24.4)."

Mère

Shiva , Seigneur de l'Immortalité



Le caractère spécifique de Shiva
Le caractère spécifique de Shiva est une transcendance de tous changements et mutations symbolisés par un cadavre (shava), ce qui signifie que dans la mort de la mort réside l'Immortalité, ce qu'on appelle Shiva. Là où il y a création, conservation et dissolution, il est présent comme devenir et c'est Lui-même qui préserve l'univers sous le nom de Mahâ-vishnou. En ce qui concerne les divers aspects cosmiques, Il est en fait en chacun d'eux, Se manifestant Lui-même de diverses façons et aussi en tant que sans forme. Dans chacun d'eux est contenu tout le reste et dans la multiplicité des formes réside l'Un. Lorsque vous fixez une forme, vous ne pouvez pas en voir d'autres, mais dans chacune d'elles le Tout est présent, et chaque forme révèle l'Un. Dans le vide se trouve la plénitude et dans la plénitude le vide. Toutes sortes de possibilités et de descriptions s'offrent à nous, mais la racine en est l'Un, la grande Lumière. Il est infini. Même en ne parlant que d'un seul chemin — comment peut-on en voir le bout? Pourtant, lorsque l'homme est incapable d'aller plus loin, il lui semble que ce soit la fin.

Mâ Ananda Moyi , L'enseignement de Mâ Ananda Moyi

La tradition originelle de la Kabbale et des Védas




Extrait de  l'Agenda de Mère,  août 1961:

"L’autre tradition, celle dont Théon disait qu’elle était à l’origine de la Kabbale (il disait qu’elle était à l’origine des deux: de la Kabbale et des Védas), cette tradition avait la même conception que celle de Sri Aurobindo, c’est-à-dire la conception de la vie divine, d’un monde divin; que le sommet de l’évolution serait la divinisation de tout ce qui est objectivé, avec, à partir de ce moment-là, une progression sans recul (parce que maintenant, on avance et puis on recule, on avance et puis on recule encore), mais alors, ce mouvement de recul ne sera plus nécessaire: ce sera une ascension continue. Ils avaient cette conception-là. Parce que Sri Aurobindo n’avait rien écrit encore au moment où j’ai rencontré Théon, et Théon m’a parlé très clairement de cette conception-là (Théon avait écrit toutes sortes de choses mais pas philosophiques: c’était tout des histoires, et alors des histoires fantastiques! mais il y avait, derrière, une connaissance qui était celle-là – la même). Et quand on lui demandait d’où il la tenait, il disait que c’était antérieur à la Kabbale et antérieur aux Védas – il connaissait bien le Rig-Véda.
Mais Théon n’avait pas du tout idée de la voie de la bhakti [dévotion, amour], pas du tout. L’idée de surrender au Divin [soumission, abdication] lui était absolument étrangère. Mais il avait l’idée de la Présence divine ici (Mère désigne le centre du cœur), du Divin immanent et de l’union avec Ça. Et il disait que c’était par l’union avec Ça et en laissant Ça transformer l’être, qu’on arriverait à cette création divine et à la transformation de la terre.
C’était, lui qui, le premier, m’a donné cette idée que la terre était symbolique, représentative – symbolique de l’action universelle concentrée pour permettre aux forces divines de s’incarner et de travailler concrètement. Tout cela, c’était de lui que je le tenais."

Mère

En lien:
sur wikipedia
Max Théon (1848-1927), Alias  AYA AZIZ
 
sur Gallica:


Le chemin de l'Immortalité

L'Oupanishad nous enseigne comment percevoir le Brahman dans l'univers et dans notre propre existence.

Il nous faut percevoir le Brahman comme englobant à la fois le Stable et le Mouvant. Nous devons le voir en l'Esprit éternel et immuable, et dans toutes les manifestations changeantes de l'univers et de la relativité.

Il nous faut percevoir toutes choses dans l'Espace et le Temps, ce qui est éloigné comme ce qui est proche, le Passé immémorial, le Présent immédiat, l'Avenir infini, avec tout ce qu'ils contiennent et chaque événement, comme l'unique Brahman.

Il nous faut percevoir le Brahman comme ce qui dépasse, contient et soutient toutes choses individuelles autant que l'univers entier, transcendant le Temps, l'Espace et la Causalité. Il nous faut également Le percevoir comme étant ce qui vit dans l'univers et le possède avec tout ce qu'il contient.

Tel est le Brahman transcendantal, universel et individuel, le Seigneur, l'Esprit en quoi tout est et qui est en toute chose, objet de toute connaissance. Sa réalisation est la condition nécessaire pour atteindre à la perfection, et elle est le chemin de l'Immortalité.
 
 Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga

Le principe d'Immortalité védique



Le principe d'Immortalité dans la cosmogonie védique



Dans le Véda l'univers est hiérarchisé en mondes, dont les trois inférieurs sont: "la Terre Bhur, l'espace intermédiaire Antariksha , et le Ciel Dyau. Le quatrième est un ciel  plus élevé appelé Brihad Dyau ( Bhrad Dyau) ou Brihat, le Vaste, ou encore Ritam Brihat (Rtam Brhat), Ritam Satyam Brihat, qui est le monde de la Vastitude et de la Vérité. Dans les Upanishads ces mondes sont aussi décrits et le quatrième se nomment Mahas, le Grand. Le Véda fait aussi mention de trois mondes suprêmes se trouvant aussi dans le texte des Puranas sous les noms Jana, Tapas et Satya.

Donc les sept mondes sont dans le Véda: Bhur, Antariksha, Brihat Dyau , Mahas, Jana, Tapas, Satya.

Une théorie des sept principes fondamentaux de l'univers et de l'être psychique de l'homme se retrouve chez le mystiques allemand Jacob Boehme. 


Sri Aurobindo dans "Le Secret du Veda" nous précise que :

"Les Rishis parlent de trois divisions cosmiques, la Terre, l'Antariksha ou région médiane et le Ciel, Dyau; mais il existe aussi un Ciel plus vaste, Brihad Dyau, appelé encore le Large Monde, le Vaste, Brihat, et repré­senté quelquefois comme la Grande Eau, Maho Arnah. Ce Brihat est aussi appelé Ritam Brihat, ou se retrouve dans la formule ternaire Satyam Ritam Brihat. Et, puisque les trois mondes cor­respondent aux Vyahritis, ce quatrième monde du Vaste et de la Vérité semble correspondre au quatrième Vyahriti, mentionné dans les Upanishads, Mahas. Dans la conception puranique, à ces quatre mondes s'en ajoutent trois autres, Jana, Tapas et Satya, les trois mondes suprêmes de la cosmologie hindoue. Dans le Véda aussi existent trois mondes suprêmes, dont les noms ne sont pas donnés. Mais dans le système védantique et puranique, les sept mondes correspondent aux sept principes psychologiques ou modes d'existence, Sat, Cit, Aranda, Vijnana, Manas, Prana et Anna. Or Vijnana, principe central, principe de Mahas, le grand monde, est la Vérité des choses, identique au védique Ritam, qui est le principe de Brihat, le Vaste; et de même que dans le système puranique Mahas mène au-dessus à Jana, le monde de l'Ananda, de la Béatitude divine, de même dans le Véda Ritam, la Vérité, débouche plus haut sur Mayas, la Béatitude. Nous pouvons donc raisonnablement en déduire que les deux sys­tèmes sont identiques et que tous les deux reposent sur un même concept, celui des sept principes de la conscience subjective se formulant dans les sept mondes objectifs." 


"(...) l'idée centrale des Rishis védiques était la transition de l'âme humaine d'un état de mort à un état d'immortalité, en remplaçant la Fausseté par la Vérité, l'être divisé et limité par ce qui est intégral et infini. La Mort est l'état périssable de la Matière, où s'involuent Mental et Vie; l'Immortalité est un état d'être, de conscience et de béatitude infinis. Transcendant les deux firmaments, rodasî le Ciel et la Terre, le mental et le corps, l'homme s'élève vers un infini de vérité, Mahas, et donc vers la Béatitude divine. Tel est « le grand passage » découvert par les Ancêtres, les anciens Rishis."

Dans le système védantique et pouranique, les sept mondes correspondent à sept principes psychologiques ou formes d'existence". Ces sept principes sont Sat, l'Existence, Cit la Conscience, Ananda, la Félicité, Vijnana, la connaissance, Manas, la fonction mentale, Prâna, le Souffle vital, Anna, la nourriture.

 La liqueur de Soma est le délice secret de l'existence présent derrières toutes les sensation mentales elles-mêmes. En se libérant par le sacrifice intérieur de toutes les limitations de l'existence dans la matière, on retrouve à l'état pur cette Félicité qui est en même temps l'Immortalité. Mais le sacrifice exige une force, une volonté, une fermeté de dessein, que symbolise Agni, la divinité du feu dans le Véda, président aussi au sacrifice concret du rituel. Tapas la  force , la concentration de l'énergie nécessaire à l'ascèse et que développe l'ascèse pour mener à bien le travail de transformation intérieure". 

Par ailleurs cette aspiration à l'immortalité se retrouve dans de nombreux textes sacrés de l'Inde. Le principe d'Immortalité, inhérent à la Conscience est Amrita (a- privatif et mrita mort) et est invoqué dans le mantra: 


"Asatama Sat Gamaya

Tamasoma Jyotir Gamaya

Mrityorma Amritam Gamaya"

signature Arcana Evestrum.png

Les doctrines secrètes des mystiques




"Un des principes dominants chers aux mystiques était-le caractère sacré et secret de la connaissance de soi et de la vraie connaissance des dieux. Une telle sagesse, d'après eux, n'était pas faite pour le mental humain ordinaire, voire même dangereuse pour lui, ou de toute façon risquait d'être dénaturée, mal utilisée et de perdre sa vertu, si elle était livrée aux esprits vulgaires et non purifiés. C'est pourquoi ils préconisaient l'institution d'un culte extérieur, efficace mais imparfait, pour le profane, et d'une discipline intérieure pour l'initié, et habillaient leur discours de mots et d'images qui avaient, tout à la fois, un sens spirituel pour l'élu et un sens concret pour la masse des croyants ordinaires.

En Europe, jadis, constate-t-on, les doctrines secrètes des mystiques ont précédé les écoles de philosophie intellectuelle; les mystères orphiques et éleusiniens ont fertilisé le terreau intellectuel d'où sont issus Pythagore et Platon. Un point de départ similaire est à tout le moins probable quand la pensée a poursuivi plus tard son évolution en Inde. Une grande partie des aspects et des symboles de la réflexion que nous trouvons dans les Upanishads, comme une grande partie de la substance des Brahmanes, supposent en Inde une période "où la pensée a revêtu, comme dans les mystères grecs, la forme ou le voile d'enseignements secrets.      
Le gouffre séparant le culte concret des Pouvoirs extérieurs de la Nature, dans le Véda, de la religion très élaborée des Grecs et des notions psychologiques et spirituelles associées aux fonctions des dieux dans les Upanishads et les Puranas, est une autre lacune que ne comblent pas les théories en cours. Nous pouvons accepter, pour l'instant, la théorie selon laquelle la religion humaine la plus primitivement intelligente prend nécessairement la forme — puisque l'homme sur terre part de l'extérieur pour aller vers l'intérieur — d'un culte des Pouvoirs extérieurs de la Nature, investis de la conscience et de la personnalité qu'il trouve dans son être propre. 
   
[...]

Le Rishi n'était pas l'auteur particulier d'un hymne, mais le voyant — drastà —. d'une vérité éternelle et d'une connaissance impersonnelle. Le langage du Véda, lui-même est sruti, rythme. non pas composé par l'intellect mais entendu, Verbe divin qui arrivait vibrant de l'Infini à celui qui s'était au préalable préparé à « écouter » intérieurement cette connaissance impersonnelle. Les termes eux-mêmes, drsti et sruti, la vue et l'ouïe, sont des expressions védiques; ceux-ci et d'autres de même nature désignent, dans la terminologie ésotérique des hymnes, la connaissance révélatrice et le contenu de l'inspiration.        
Le concept védique de révélation ne suggère rien de miraculeux ou de surnaturel. Le Rishi qui employait ces facultés les avait acquises par un développement personnel progressif. La connaissance elle-même était un voyage et un aboutissement, ou une découverte et une conquête; la révélation ne venait qu'à la fin, la lumière était la récompense de la victoire finale. Le Véda reprend sans cesse cette image du voyage, de l'âme qui marche vers la Vérité."

Sri Aurobindo,  Le Secret du Véda