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L'occultisme ne s'épanouit vraiment que lorsqu'il est soumis au Divin. La Mère

Différence entre occultisme et mysti­cisme



Extrait d'un des Entretiens de LA MÈRE, du 30 juin 1954, donné aux élèves de la classe de l'Asram de Pondichéry.

Quelle est la différence entre occultisme et mysti­cisme ?

Ce n'est pas du tout la même chose.
Mysticisme, c'est une relation plus ou moins émotive avec ce que l'on sent être une Puissance divine ; cette espèce de relation très émotive, très affective, très intense avec quelque chose d'invisible qui est, ou que l'on prend pour le Divin. Cela, c'est le mysticisme.
L'occultisme, c'est exactement ce qu'il [Sri Aurobindo] a décrit : c'est la connaissance des forces invisibles et le pouvoir de les manier. C'est une science. C'est tout à fait une science. Je compare toujours l'occultisme à une chimie; parce que c'est la même connaissance que la connaissance chimique pour les choses matérielles. C'est une connaissance des forces invisibles, de leurs différentes vibrations, de leurs relations entre elles, des combinaisons que l'on peut faire en les associant, et de l'action que l'on peut avoir sur elles. C'est tout à fait scientifique ; et cela doit s'apprendre comme une science, c'est-à-dire que ce n'est ni dans une émotion, ni dans une chose vague et imprécise que l'on peut faire de l'occultisme. Il faut le travailler comme on travaille la chimie, et apprendre toutes les règles, ou les trouver si on n'a personne pour vous les enseigner. Mais on peut les trouver avec quelque danger. Il y a des associations qui sont aussi explosives que certaines associations chimiques

DÉSENVOUTEMENT, EXORCISME , BÉNÉDICTIONS

DÉSENVOUTEMENT

Notons le sens étymologique du mot envouté: 
Apparaît au 13ème siècle dans l'ancien français "volt" , "vout" signifiant "visage", image" et en particulier "figure de cire représentant une personne à qui on veut nuire par une opération magique".  Malgré le sens initial de "vout", envoûter n'a jamais interféré avec envisager, formé de manière analogue. L'ancien français est issu du latin classique "vultus" signifiant "visage", "physionomie", d'origine imprécise.
Nous comprenons dès lors la méfiance de certains personnes -surtout dans les peuples encore baignés par les pratiques magiques- à ne pas accepter de se faire prendre en photo, pour la raison qu'en volant leur image on leur vole leur âme. 

Comme le fait remarquer Jacques La Maya dans son best seller "La médecine de l'habitat " L'envoûtement  relève d'une question très étudiée et toujours d'actualité (le Nouvel Observateur lui a consacré un important dossier en février 1985, à la fois très objectif et très surprenant). 

Selon Jacques La Maya "on distingue diverses sortes d'envoûtements assez différents de nature et d'origine, mais qui pourtant, ont une caractéristique commune qui est de causer un empoisonnement du psychisme du sujet envoûté avec toutes les conséquences dramatiques qui en résultent dans le cours de l'existence de la victime et de celle de ses proches. (...)
  Notons que les personnes assez élevées sur le plan spirituel ne sont pas envoûtable; si , à la limite, elles l'étaient, le simple fait de placer la pensée du malfrat envoûteur dans le champ de la lumière divine agit en force pour faire passer la charge de la victime vers l'expéditeur magicien. C'est là l'expression d'une loi qui joue son rôle dans ce secteur de la vaste et touffue dynamique des énergies subtiles."

[...]

" De même que l'on a désinfecté une maison où des gens atteints de maladies contagieuses ont séjournée, il est bon d'assainir un logis où se sont déroulés des drames d'une genre ou l'autre : violentes et fréquentes altercations, enfants martyrs, conciliabules de malfrats, scènes de ménage, jeux passionels entre partenaires familiaux, séances de tortures, etc.. Dans tous les cas, il convient de désinfecter l'ambiance morbide des lieux, soit avec les méthodes que nous préconisons, soit à l'aide d'un exorciste (...). Usage d'eau bénite, de "Sacré-Coeur", de rameaux de buis béni et , surtout , de pensée positive qui ira "contrer" les rémanences des anciens locataires (...).

Parmi ces méthodes que Jacques La Maya décrit dans la Médecine de l'Habitat en voici une simple et efficace:

La  recette de dégagement
Faire un caramel avec du sucre roux, de l'ail, du thym. Laisser brûler le caramel de manière à obtenir une sorte de charbon. Encenser toutes les pièces avec la fumée de ce caramel. L'ail et le sucre chassent les entités mauvaises, les souvenirs attristants, les miasmes malfaisants des anciens occupants.

Soulignons que le papier d'Arménie, l'encens de benjoint, la sauge (utilisé traditionellment par les peuples amérindiens) sont aussi d'excellent procédés de dégagement des aîtres et purificateur d'atmosphère psychique.

La croix celtique est, quant à elle, un symbole puissamment actif de par son origine sacrée et son émission de forme pour rééquilibrer un lieu. Elle est aussi employée dans le rite de désenvoûtement druidique.



Technique de Désenvoûtement de la Science des Druides

Le Désenvoûtement selon le rite druidique transmis par René et Claudine Bouchet, auteurs d'ouvrage sur la traditions celtique et la sapience des Druides. 

Il arrive plus fréquemment encore qu'on ne le pense en notre 21 ème siècle, que se produisent ces phénomènes, qu'en d'autres temps l'on attribuait à une influence diabolique.
 (...)
Des êtres physiques – sur notre planète minuscule –comme dans les autres mondes, ont été, du fait de leur incarnation en un corps matériel périssable – à un stade de cette évolution en Abred, disons équivalente à l'humanité consciente – dotés de liberté de choix de leurs actes et de responsabilité dans l'accomplissement de ceux-ci. C'est à eux qu'incombe la faculté de faire le Bien, en observant la Loi, définie par la Triade des trois devoirs Aimer – Créer – Apprendre (avec son corollaire Enseigner).
(...)
Notre rôle de Druides, Eubages, Bardes et Ovates, peut être de porter secours aux humains victimes parfois d'une possession – désirée quelquefois – ou subie, pour les libérer d'une emprise mauvaise, attentat à la bonne évolution de leur Awen, en nous basant sur les influx bénéfiques émanant de notre pentacle de la Croix celtique et des forces en découlant : plantes ou de leur quintessence, cendres provenant de notre Feu solsticial, composées des 7 essences rituelles d'arbres issus de notre sol celtique dont nous recevons les effluves.
C'est bien là, ce que tout adepte et dignitaire instruit doit être pénétré pour utiliser ces Forces, afin de neutraliser et de vaincre les maléfices qui – à sa connaissance – font très mal.


Le rite druidique.
Dans un sachet contenant notre Croix celtique dessinée sur parchemin et consacrée sous les rayons du soleil, ajouter une pincée de cendres du  feu solsticial celtique, avec ordre de le porter jour et nuit sur la personne et – sous le lit –une pincée de cendres aussi.
Il faut en garder le secret et surtout ne pas dévoiler le procédé à aucune autre personne pour ne pas perturber l'influence du rite.
Maladie envoyée – ou subie par cause naturelle – par des Forces nocives,  il importe de  savoir réaliser seul et si possible dans le silence et l'Obscurité, la nuit, la visualisation de la Croix celtique qui, après entraînement, apparait alors lumineuse en son cercle brillant; celle-ci apparaîtra parfois plus foncée. Cela ne dure point au-delà de quelques secondes...
Vous la portez sur vous-même en croisant les mains sur la poitrine... voire sur l'organe malade et priez nos puissants maîtres d'en haut de vous guérir ou bien projetez votre vision sur telle personne présente à votre esprit et en faveur de laquelle vous sollicitez cette grâce.
Vous pouvez en matérialiser la présence a présence par la photo ou même une lettre – voire un objet porté par cette personne. Vous ne pouvez continuer l'exercice longtemps, car c'est très fatigant, et nous avons observé que nous nous rendormions assez vite.
Il importe que – l'exorciste si ce mot peut être admis de vous – se protège lui-même – en portant sa Croix celtique et ses cendres voire du gui solsticial.

Un autre excellent moyen à utiliser contre les envoûtements, consiste à prendre la personne envoûtée et la faire passer l'eau au moyen d'un symbole ou d'une photo d'elle que vous aurez fait charger par elle même.
Mettre la photo dans l'eau d'un bassin, par exemple; dans les cas graves, faire asseoir la personne envoûtée sur la croix. Ensuite par terre, avec des cercles tracés autour d'elle; la photo ou l'objet restant au dehors et ceci fait, vous passez la photo ou l'objet dans l'eau. C'est ainsi que la photo aura été noyée, que vous la retirerez et la placerez sous la protection de la Croix, avec la prière que vous trouverez plus loin. Puis, vous viderez l'eau dans la terre; cette eau sera chargée du maléfice; il est transporté et le malfaisant y sera perdu.
Prière:
« Esprits bienfaisants qui veillez sur les âmes des Celtes, je vous conjure par les Puissances souveraines de ce monde et de par celles des Êtres supérieurs, de chasser, de dissoudre les actes que les ennemis de... (citer le nom de la personne envoûtée) ont pu réunir et combiner contre eux pour qu'il n'en reste plus aucune trace et que leur auteur vienne solliciter lui-même son pardon, de même qu'il s'engagera à réparer le mal fait ou voulu par lui. »
Protection:
Chargez par magnétisme les symboles de la personne envoûtée. Mais il faudra les placer entre quatre feux ou cierges pour que les flammes les chauffent et les gardent des atteintes.
(Méthode expérimentée successivement par Paul et Lucienne Bouchet puis par René et Claudine Bouchet).


EXORCISME
L'exorcisme et la bénédiction dans le Grand Oeuvre (théurgique, alchimique et spirituel).
L'exorcisme et la bénédiction font partie du grand œuvre au même titre que la préparation, qui est une première purification.
L'exor­cisme précède toujours la béné­diction.
Son rôle est de purifier afin que la bénédiction puisse insuffler l'esprit saint en un lieu propre, et renforcer l'action du sel philosophique.
L'exorcisme n'est pas une simple prière.
C'est une série d'ordres énergiques données en toute confiance, aux forces néga­tives, pour qu'elles évacuent les lieux et les matériaux.
Sur le seul plan de mise en condition psy­chologique, c'est un acte impor­tant.
L'alchimiste ayant reçu valide­ment l'ordination presbytérale revêt l'aube et l'étole violette.
Il se tourne vers la paillasse sur laquelle est posée, sur un linge blanc, la materia prima.

Prélude à l'exorcisme :
Prions. - Par l'intercession du Bienheureux Michel Archange, lequel se tient debout à la droite de l'autel de l'encens, par l'inter­cession de tous ses élus, daigne le Seigneur + bénir cette materia prima et l'agréer en douce odeur de suavité.
Que pour vos servi­teurs et vos servantes, rachetés par votre précieux sang, que cette materia prima expulse perpétuel­lement tous les malins esprits.
Que jamais maléfice et molesta­tion y puissent séjourner, mais qu'aussitôt ils soient chassés et disparaissent sous l'immensité de votre puissance et de votre force, ainsi que par ce + signe de votre Croix sainte qui deviendra son suave creuset... Vous qui vivez et régnez dans l'éternité. Amen

Exorcisme : (Dit énergique­ment ! Et à voix forte)
Je t'exorcise, créature de la materia prima, au nom du + Dieu vivant, + du Dieu vrai, + du Dieu Saint ; au nom de saint Jacques fléau des esprits contaminés ; au nom de celui qui de rien a tout créé et qui du ciel a expulsé les mauvais anges vers nos lieux où ils ont pouvoir de contamination.
Par tous les Noms du Grand Dieu, je te conjure + et t'exorcise, ô créature de la materia prima soit notre défense, créature + bénie, créature + consacrée, soit la bri­sure de tous les liens dont les esprits malins voudraient nous enchaîner.
Ô Seigneur Jésus ­Christ, daignez + bénir et + sanc­tifier en vertu de votre miséricorde et de votre bonté, cette créature de la materia prima afin qu'elle nous défende contre tous les esprits mauvais et ruine toutes leurs entreprises.
Qu'en ce lieu, cette materia prima rayonne votre puissance et votre gloire en deve­nant, grâce au fruit de mon labeur et à votre bienveillance, la pierre que vous donnez aux sages de toute éternité.
Qu'à cet instant tout oeuvre mauvaise résidant en cette materia prima s'évanouisse tota­lement par ce + signe de la Sainte­ Croix. Amen.

BÉNÉDICTIONS
Ce sacramental s'adresse autant au prêtre qu'à l'alchimiste.
Quand l'alchimiste est prêtre, c'est-à-dire quand il a reçu l'ordination, il pos­sède des atouts de purification que n'a pas un alchimiste non ordonné.
Un prêtre alchimiste peut exorci­ser puis bénir le local et les ins­truments avec lesquels il oeuvre, ainsi que les produits qu'il va uti­liser.
Il est capital de ne pas omettre d'exorciser avant de bénir.
La formule de bénédiction se dit pour le laboratoire et la materia prima .
L'oraison est la même pour le minerai ou les corps séparés.
Le prêtre alchimiste se revêt de l'aube, il porte l'étole blanche et prononce d'abord l'exorcisme sur les substances puis la béné­diction suivante :
« + Bénissez, Seigneur, cette créature de la materia prima pour expulser d'elle tout esprit malin et son influence.
Au nom de votre serviteur Saint Jacques qui repose dans vos bras à Com­postelle, et à qui vous avez donné puissance de mettre en fuite les forces malines.
C'est pourquoi moi N..., (se nommer), prêtre (ou évêque), adepte de votre sainte science, sacralisée par vous depuis toujours, et serviteur de votre Église Universelle, bénis­sez cette materia prima et ce laboratoire.
Que nul esprit mau­vais ne puisse s'y tenir, mais au contraire prenne la fuite.
Donc, je + bénis, + sanctifie, + je comble de célestes bénédictions cette materia prima.
Je + bénis, + sanctifie, + et comble de célestes bénédictions ce labora­toire.
Que cette materia prima et ce laboratoire soit Votre palais et le lieu privilégié de l'esprit Saint.
Une dernière fois encore, je vous supplie très humblement, Seigneur Jésus-Christ, de daigner, par votre sainte puissance, forti­fier cette créature de la materia prima, qu'en votre Nom + je purifie, + je sanctifie, et que s'en­fuient les mauvais Démons, s'émoussent leurs armes, s'éva­nouissent leurs attaques au nom + du Père et du Fils + et du Saint Esprit + Amen.»

Cœur du Christ, Fils du Père Éternel, nous t’adorons,
Cœur du Christ, formé par le Saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie, nous t’adorons,
Cœur du Christ, uni substantiellement au Verbe de Dieu, nous t’adorons…
« O Cœur source de douceur. O Cœur débordant de bonté. O Cœur surabondant de charité. O Cœur qui distille la suavité en rosée. O Cœur rempli de miséricorde. De grâce fais-moi mourir d’amour et de tendresse pour toi. O Cœur très cher, je te prie d’absorber mon cœur tout entier en toi. » Sainte Gertrude d’Helfta

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Les doctrines secrètes des mystiques




"Un des principes dominants chers aux mystiques était-le caractère sacré et secret de la connaissance de soi et de la vraie connaissance des dieux. Une telle sagesse, d'après eux, n'était pas faite pour le mental humain ordinaire, voire même dangereuse pour lui, ou de toute façon risquait d'être dénaturée, mal utilisée et de perdre sa vertu, si elle était livrée aux esprits vulgaires et non purifiés. C'est pourquoi ils préconisaient l'institution d'un culte extérieur, efficace mais imparfait, pour le profane, et d'une discipline intérieure pour l'initié, et habillaient leur discours de mots et d'images qui avaient, tout à la fois, un sens spirituel pour l'élu et un sens concret pour la masse des croyants ordinaires.

En Europe, jadis, constate-t-on, les doctrines secrètes des mystiques ont précédé les écoles de philosophie intellectuelle; les mystères orphiques et éleusiniens ont fertilisé le terreau intellectuel d'où sont issus Pythagore et Platon. Un point de départ similaire est à tout le moins probable quand la pensée a poursuivi plus tard son évolution en Inde. Une grande partie des aspects et des symboles de la réflexion que nous trouvons dans les Upanishads, comme une grande partie de la substance des Brahmanes, supposent en Inde une période "où la pensée a revêtu, comme dans les mystères grecs, la forme ou le voile d'enseignements secrets.      
Le gouffre séparant le culte concret des Pouvoirs extérieurs de la Nature, dans le Véda, de la religion très élaborée des Grecs et des notions psychologiques et spirituelles associées aux fonctions des dieux dans les Upanishads et les Puranas, est une autre lacune que ne comblent pas les théories en cours. Nous pouvons accepter, pour l'instant, la théorie selon laquelle la religion humaine la plus primitivement intelligente prend nécessairement la forme — puisque l'homme sur terre part de l'extérieur pour aller vers l'intérieur — d'un culte des Pouvoirs extérieurs de la Nature, investis de la conscience et de la personnalité qu'il trouve dans son être propre. 
   
[...]

Le Rishi n'était pas l'auteur particulier d'un hymne, mais le voyant — drastà —. d'une vérité éternelle et d'une connaissance impersonnelle. Le langage du Véda, lui-même est sruti, rythme. non pas composé par l'intellect mais entendu, Verbe divin qui arrivait vibrant de l'Infini à celui qui s'était au préalable préparé à « écouter » intérieurement cette connaissance impersonnelle. Les termes eux-mêmes, drsti et sruti, la vue et l'ouïe, sont des expressions védiques; ceux-ci et d'autres de même nature désignent, dans la terminologie ésotérique des hymnes, la connaissance révélatrice et le contenu de l'inspiration.        
Le concept védique de révélation ne suggère rien de miraculeux ou de surnaturel. Le Rishi qui employait ces facultés les avait acquises par un développement personnel progressif. La connaissance elle-même était un voyage et un aboutissement, ou une découverte et une conquête; la révélation ne venait qu'à la fin, la lumière était la récompense de la victoire finale. Le Véda reprend sans cesse cette image du voyage, de l'âme qui marche vers la Vérité."

Sri Aurobindo,  Le Secret du Véda



La triple immortalité



A propos de la survivance de l'âme après la mort et de la subsistance des vies passées de renaissance en renaissance Sri Aurobindo explique que ce processus est régie par la loi du Karma, l'action. Le karma ou action de cette vie s'épuise par la vie dans un monde au-delà, où ses conséquences s'accomplissent, puis l'âme retourne sur terre pour un nouveau karma. La cause de la naissance dans ce monde, du karma, du passage de l'âme à l'existence en d'autres mondes et de son retour ici est, du début à la fin, la conscience, la volonté et le désir de l'âme elle-même.

"Cette conception de la Personne et de la Personnalité, si nous l'acceptons, doit dès lors modifier nos idées courantes sur l'immortalité de l'âme; car normalement, quand nous affirmons que l'âme ne meurt pas, nous voulons dire que survit après la mort une personnalité définie et immuable qui était et restera toujours la même pour l'éternité. C'est pour le « je » très imparfait et superficiel du moment, considéré évidemment par la Nature comme une forme temporaire qui ne vaut pas la peine d'être conservée, que nous exigeons ce droit prodigieux à la survie et à l'immortalité. Mais cette exigence est extravagante et ne peut être satisfaite : la survie du « je » du moment ne peut être admise, que s'il consent à changer, à ne plus être lui-même mais un autre, plus grand, meilleur, plus lumineux en connaissance, se modelant davantage sur l'image de la beauté intérieure éternelle, progressant de plus en plus vers la divinité de l'Esprit secret. C'est cet esprit secret, cette divinité du Moi en nous qui ne périt point, parce qu'elle est non-née et éternelle. L'entité psychique au-dedans qui la représente, l'individu spirituel en nous est la Personne que nous sommes; mais le « je » du moment, le « je » de cette vie-ci n'est qu'une formation, une personnalité temporaire de cette Personne intérieure, c'est l'une des, nombreuses étapes de notre changement dans l'évolution, et elle ne sert son dessein véritable que quand nous la dépassons pour aller vers une étape ultérieure qui nous rapproche d'un plus, haut degré de conscience et d'existence. C'est la Personne intérieure qui survit à la mort tout comme elle préexiste à la naissance; car cette survie constante est une traduction, en termes de Temps, de l'éternité de notre Esprit intemporel.
 Ce que nous exigeons normalement, c'est une survie similaire de notre mental, de notre vie et même de notre corps : le dogme de la résurrection du corps témoigne de cette dernière exigence qui a été aussi à l'origine de l'effort de l'homme, à travers les âges, pour découvrir l'élixir d'immortalité ou des moyens magiques, alchimiques ou scientifiques de vaincre physiquement la mort du corps. Mais cette aspiration ne pourrait se réaliser que si le mental, la vie ou le corps pouvaient revêtir une part de l'immortalité et de la divinité de l'Esprit qui demeure au-dedans. Dans certaines circonstances, la survie de la personnalité mentale extérieure qui représente le Pourousha mental intérieur serait peut-être possible. Elle pourrait se produire si notre être mental venait à être si puissamment individualisé à la surface, si uni au mental intérieur et au Pourousha intérieur et, en même temps, si souplement ouvert à l'action progressive de l'Infini que l'âme n'aurait plus besoin de dissoudre l'ancienne forme du mental et d'en créer une nouvelle pour progresser. Seules une individualisation, une intégration et une ouverture similaires de l'être vital à la surface rendraient possible une survie similaire de la partie vitale en nous, de la personnalité vitale extérieure qui représente l'être vital intérieur, le Pourousha vital. Ce qui arriverait en réalité, c'est que le mur entre le moi intérieur et l'homme extérieur serait abattu et l'être mental et vital permanent, représentant mental et vital de l'entité psychique immortelle, gouvernerait la vie au dedans. Notre nature mentale et notre nature vitale pourraient alors être une expression progressive continue de l'âme et non un lien entre des formations successives dont l'essence seule est conservée Notre personnalité mentale et notre personnalité vitale subsisteraient alors sans dissolution de naissance en naissance; elles seraient alors, en ce sens, immortelles, survivraient en permanence, continues dans le sens de leur identité. Ce serait évidemment une immense victoire de l'âme, du mental et de la vie sur l'Inconscience et les limitations de la Nature matérielle.,
Mais une telle survie ne pourrait durer que dans le corps subtil; l'être devrait encore se défaire de sa forme physique, passer dans d'autres mondes et, à son retour, revêtir un nouveau corps. Le Pourousha mental et le Pourousha vital éveillés, conservant l'enveloppe mentale et l'enveloppe vitale du corps subtil qui sont habituellement abandonnées, retourneraient avec elles dans une nouvelle vie et conserveraient le sens vif et soutenu d'un être mental et vital permanent constitué par le passé et continuant dans le présent et l'avenir; mais la base de l'existence physique, le corps matériel ne pourrait être conservé même par ce changement. L'être physique ne pourrait durer que si, par certains moyens, ses causes physiques de déclin et de désintégration pouvaient être surmontées et qu'en même temps il pouvait être rendu assez souple et progressif dans sa structure et son fonctionnement pour pouvoir répondre à chaque changement exigé de lui par le progrès de la Personne intérieure; il devait être capable de marcher du même pas que l'âme dans la formation de la personnalité qu'il exprime, dans le long déploiement d'une divinité spirituelle secrète et dans la lente transformation du mental en divine existence mentale ou spirituelle. Cet accomplissement d'une triple immortalité : immortalité de la nature complétant l'immortalité essentielle de l'Esprit et la survie psychique à la mort, pourrait bien être le couronnement de la renaissance et une indication capitale de la conquête de l'Inconscience et de l'Ignorance matérielle jusque dans les fondations mêmes du règne de la Matière. Mais la véritable immortalité serait malgré tout l'éternité de l'Esprit : la survie physique ne pourrait être que relative, interrompue à volonté, signe temporel de la victoire de l'Esprit ici-bas sur la Mort et la Matière.

Même si la science — physique ou occulte — parvenait à découvrir les conditions ou les moyens nécessaires à une survie indéfinie du corps, mais que par ailleurs le corps ne pouvait s'adapter suffisamment pour devenir un instrument d'expression approprié de la croissance intérieure, l'âme trouverait une manière de l'abandonner et de passer à une nouvelle incarnation. Les causes matérielles ou physiques de la mort ne sont ni sa vraie ni sa seule raison d'être : sa vraie cause intrinsèque est qu'elle est spirituellement nécessaire à l'évolution d'un être nouveau."

Sri Aurobindo, La Vie Divine, Chapitre XXII: La renaissance et les autres mondes: le karma, l'âme et l'immortalité".