Extrait de L'Agenda de Mère, juillet 1972:
"J’ai l’impression de devenir une autre personne.
Non, ce n’est pas seulement cela: je touche à un AUTRE
monde, une autre manière d’être... qu’on pourrait appeler (avec la conscience
ordinaire) une manière dangereuse d’être. Comme si...
Dangereuse, mais merveilleuse – comment dire?
D’abord, le subconscient [corporel] est en train de se
transformer, et ça, c’est long, difficile, douloureux... mais merveilleux
aussi. Mais l’impression... (geste comme sur une crête).
De plus en plus, la sensation du corps, que c’est seule la
foi qui sauve – la connaissance n’est pas encore possible, et par conséquent
c’est seulement la foi qui sauve.
Et alors, la «foi qui sauve» paraît être une vieille manière
de parler... Comment dire?... L’impression que la relation entre ce que nous
appelons la «vie» et ce que nous appelons la «mort» devient de plus en plus
différente – différente (Mère hoche la tête), complètement
différente.
Tu comprends, ce n’est pas la mort qui disparaît (la mort
telle que nous la concevons, telle que nous la connaissons et par rapport à la
vie telle que nous la connaissons): ce n’est pas ça, ce n’est pas ça du tout.
Les DEUX sont en train de changer... en quelque chose que l’on ne connaît pas
encore, qui paraît à la fois extrêmement dangereux et tout à fait merveilleux.
Dangereux: que la moindre faute a des conséquences terriblement graves. Et merveilleux.
C’est la conscience, la vraie conscience de l’immortalité –
ce n’est pas «immortalité» telle que nous la concevons, c’est quelque chose
d’autre. C’est quelque chose d’autre.
Nous avons tendance à vouloir que certaines choses soient
vraies (ce qui nous paraît favorable) et que certaines disparaissent – ce n’est
pas ça! Ce n’est pas comme cela. C’est TOUT qui est différent."
Mère